Petite escale au port-musée de Douarnenez

Le port-musée de Douarnenez ne pouvait rêver meilleur emplacement : situé sur la côte à l’extrême ouest du Finistère, il est également implanté sur le port. L’établissement a très bien su tirer profit de cette localisation, en parfait accord avec la thématique abordée : les bateaux et les hommes. En effet, c’est un musée en deux parties qu’il est possible de visiter : l’un à quai, l’autre à flot.

Salle consacrée aux voiliers

Les collections permanentes : le musée « à quai »

La première partie de ce musée se présente sous une forme classique : on traverse plusieurs salles consacrées à différentes thématiques. On commence par aborder l’histoire de Douarnenez et de son port. Une maquette permet de se représenter les installations portuaires dans leur ensemble. Mais très vite on quitte l’échelon local pour aborder les différentes formes de bateaux que l’on peut rencontrer à travers le monde : pirogues monoxyles (creusées dans un seul tronc d’arbre), bateaux en bois assemblés, et enfin bateaux à moteur. Ces différents types d’embarcations sont illustrés par des bateaux de toutes sortes et de tous horizons, que le visiteur peut observer sous toutes les coutures. Un écriteau permet d’en savoir plus sur les différentes pièces. Des films documentaires permettent de compléter les informations. Belle trouvaille pour les bateaux à moteur : le visiteur peut monter dans la cabine d’un chalutier et une bande sonore diffuse les bruits que l’on entend lorsque l’on navigue sur une telle embarcation.

La visite se poursuit dans une seconde salle où l’on évoque les différentes fonctions des bâtiments : pêche, plaisance ou encore cabotage, toujours illustrés par des exemplaires grandeur-nature.

La partie suivante est consacrée aux voiliers : en circulant entre les embarcations, le visiteur qui n’est pas habitué à côtoyer les ports est impressionné par la taille de certaines voiles. Une impression qui n’aurait pas été possible, par exemple, avec de simples maquettes.

Enfin, une partie est consacrée à la conserverie : un reportage explique les différentes étapes de fabrication des boîtes de sardines. Différents objets liés à cette activité sont présentés, dont un impressionnant exemplaire de stérilisateur.

Seul défaut : le parcours à suivre n’est pas toujours très clair, on se demande parfois si on n’est pas dans le mauvais sens de visite ou si une salle n’a pas été manquée.

Un gros plus : le musée « à flot »

La partie « à flot » de ce musée constitue sa principale originalité. A quelques pas de l’exposition permanente, on peut se rendre sur des bateaux appartenant au musée qui sont ancrés dans le port. Les moindres recoins des vaisseaux peuvent être explorés : espaces où le charbon était stocké, cabines, salles des machines…

La visite permet de se rendre compte que l’espace disponible sous le pont des embarcations est beaucoup plus vaste que ce que l’on imagine en les observant depuis l’extérieur. Inversement, les espaces de vie paraissent réduits pour y séjourner durant plusieurs mois. L’exigüité des couchettes par exemple a de quoi impressionner.

Un autre élément qui frappe en parcourant ces bateaux est l’effort physique nécessaire pour passer d’un endroit à l’autre : certaines échelles sont tellement raides qu’il est interdit au visiteur de les emprunter en descente. C’est peut être l’un des défauts de cette partie, mais que l’on voit difficilement comment résoudre : il est nécessaire d’être en bonne forme pour effectuer la visite dans son ensemble.

Un des bateaux visitables au port-musée: le Saint Denys, un remorqueur à vapeurLes expositions temporaires

Les expositions permanentes sont très complètes et demandent plusieurs heures de visite. Pour autant, les expositions temporaires ne sont pas en reste. Au mois de juin, deux étaient visitables. L’une consacrée aux Fibres marines : lin, chanvre, hier et aujourd’hui ; l’autre à La tombe viking de l’île de Groix : peuples navigateurs et barques des âmes. La présence de ces deux expositions simultanément permet au visiteur de choisir celle qui le tente le plus, en fonction de ses centres d’intérêts ou tout simplement de son envie sur le moment. Il est même possible, pour les plus courageux, de visiter les deux dans la foulée : un seul billet est nécessaire pour visiter tous les espaces d’exposition (collections permanentes et temporaires).

Pour ma part, j’ai fait le choix de visiter l’exposition sur la tombe viking. Très bien documentée, cette dernière vaut le détour. Une large introduction (peut-être légèrement trop longue) permet de connaître le contexte de la découverte archéologique en 1906 par Paul du Chatellier et Louis Le Pontois.

Les vestiges retrouvés lors de la fouille sont exposés et l’on explique de quelle manière ces éléments ont permis de proposer une reconstitution de la tombe viking, où le défunt a été incinéré dans un bateau, accompagné de toutes sortes d’objets. A titre d’exemple, on montre comment, à partir du nombre de clous retrouvés, on a pu évaluer la taille de l’embarcation en bois, dont tous les éléments ont disparu.

Plus loin, une reconstitution, très visuelle, du bateau est disposée dans une vaste salle. On y présente également des objets et documents d’archives, pour fournir des éléments sur le contexte de l’époque, le Xe siècle. Parmi ces derniers, on trouve des pièces issues d’institutions prestigieuses comme le Musée de Louvre ou le Musée du Quai Branly. On remarque aussi que les concepteurs de l’exposition ont été chercher des pièces rares là où les aléas de l’histoire les y avaient conduites. Ainsi, c’est avec étonnement que l’on peut admirer un manuscrit provenant de la Médiathèque du Grand Troyes!

Enfin, la dernière partie de la visite est une invitation à la réflexion sur le rôle du bateau comme passerelle vers l’au-delà dans différentes civilisations. Cette thématique est illustrée par des extraits de films, des illustrations ou encore des tableaux.

Affiche de l'exposition La tombe viking de l’île de Groix : peuples navigateurs et barques des âmes

En bref, si vous passez dans le coin, n’hésitez pas à faire une petite escale au port-musée de Douarnenez! Plus d’infos et source des images sur : http://www.port-musee.org/
Fin de l’exposition Fibres marines : lin, chanvre, hier et aujourd’hui le 7 novembre 2013.
Fin de l’exposition La tombe viking de l’île de Groix : peuples navigateurs et barques des âmes le 23 septembre 2013.

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