LOUVRE-LENS : « Projet exemplaire de la démocratisation culturelle[1] » ?

Ça y est ! Le divin enfant est né ! Tout beau, tout neuf, le Louvre- Lens, inauguré le 4 décembre 2012 a fait son ouverture au public le mercredi 12 décembre 2012. L’occasion pour une partie de l’équipe de Culture Extensive (Fanny Kerrien, Louise Legendre, Mylène Besson) de découvrir de quoi il retourne… ce musée apparaissant comme un « musée du XXIème siècle»[2]

Le projet du Louvre-Lens remonte à 2003, suite à la loi de décentralisation[3] des grands établissements culturels parisiens, mise en place par le Ministre de la Culture de l’époque, Monsieur Jean-Jacques Aillagon. Il prend ses racines dans la vocation même du Louvre, conçu dès son origine, durant la Révolution, comme un musée national dont les collections et le savoir-faire sont au service de l’ensemble de la nation. Au début du XIXème siècle, déjà, Chaptal évoquait cette «part sacrée» que le Louvre devait réserver aux régions[4]. « C’est pour renouveler et revivifier cette tradition bicentenaire que nous avons voulu imaginer ce musée nouveau, qui renforce la vocation nationale du Louvre en présentant par rotations des chefs-d’œuvre venus du palais parisien[5] ».

Nous avons été accueillies par Madame Juliette Guépratte[6], chef du service des publics du Louvre-Lens. Elle est revenue sur la genèse du musée, inscrite dans le projet scientifique et culturel : l’idée de montrer les métiers du musée symbolisée par la transparence. Cette transparence reprend le principe des grandes halles avec des réserves accessibles afin de rendre le musée toujours plus vivant.

Vue extérieure du Musée du Louvre-Lens depuis le futur parc, entrée est Lens

Vue extérieure du Musée du Louvre-Lens depuis le futur parc, entrée est Lens

Vue du Louvre-Lens : Façade de verre et aluminium entre transparence et trompe l’œil

Vue du Louvre-Lens : Façade de verre et aluminium entre transparence et trompe l’œil

Le bâtiment, construit par l’agence japonaise SANAA (Kazuyo Sejima et Ryūe Nishizawa), est composé de 3 pavés vitrés. 3 portes d’accueil s’ouvrent à l’ouest, à l’est (Entrée Lens) et au nord. Un grand hall de 1200 m2 est voué à accueillir les visiteurs, en les faisant circuler de manière fluide, grâce à la disposition du mobilier en diagonale. Autour de cet espace central, se détachent d’une part la Grande Galerie du Temps de 300 m2  à l’est, prolongée par le Pavillon de verre de 1000 m2 puis à l’ouest, la galerie d’exposition temporaire, prolongée par une salle de conférences et de spectacles, la Scène. Fonctionnant en parallèle avec le musée, elle apparaît comme une « caisse de résonance » du musée. Le bâtiment s’étend sur 22 hectares au cœur d’un ancien bassin minier[7]. Le bâtiment étant très bas (6,20 m de haut), il se distingue par une certaine modestie, une discrétion, le verre et le revêtement en aluminium anodisé, reflétant l’extérieur (futur parc) et se confondant avec son environnement. Les bâtiments ont été construits sur des lignes courbes « comme des barques sur un fleuve ». Le musée s’inscrit alors en harmonie quasi parfaite avec l’environnement qui l’entoure, allant parfois même jusqu’à s’effacer. Catherine Mosbach, paysagiste française, a réalisé le parc et la muséographie a été confiée à Adrien Gardère, designer.

Vue est sur la Galerie du Temps, le Pavillon de Verre (dans son prolongement) et le Stade Bollaert

Vue est sur la Galerie du Temps, le Pavillon de Verre (dans son prolongement) et le Stade Bollaert

Vue ouest sur l’espace d’exposition temporaire depuis l’intérieur de l’espace central

Vue ouest sur l’espace d’exposition temporaire depuis l’intérieur de l’espace central

De par l’architecture et la muséographie, le public doit être libre de visiter et d’appréhender le musée à sa manière. « Chacun a sa place dans ce musée et y trouve une expérience qui lui est propre », déclare Juliette Guépratte. C’est un musée qui souhaite s’adresser à chacun.

Vue d’ensemble de la Galerie du Temps

Vue d’ensemble de la Galerie du Temps

Le musée expose des collections appartenant au Louvre et possède un centre de ressources web 2.0. 1000 œuvres ont été prêtées au Louvre-Lens par la maison mère et 700 sont exposées.

La Galerie du Temps présente 205 œuvres dont 20 % seront renouvelées chaque année. La pièce maitresse de cette galerie, La Liberté guidant le peuple de Delacroix, peinte en 1830, sera présentée pendant un an avant de retourner dans le temple parisien.

Cette galerie est marquée par le décloisonnement des œuvres : une sélection d’œuvres qui retrace de manière chronologique les grandes étapes de l’histoire de l’art, de 3600 av. JC, et l’invention de l’écriture en Mésopotamie à 1848 mélangeant peintures et sculptures. Quand on pénètre dans la Galerie du Temps, on peut avoir l’impression de rentrer dans un grand hall, type « Foire Internationale des Arts », qui peut décontenancer au premier abord, les œuvres étant présentées sur des espaces mobiles. Les murs sont simplement recouverts d’aluminium servant à refléter les œuvres et visiteurs, renforçant encore un peu plus cette idée de transparence. Cependant, ce parti-pris permet de voir l’œuvre dans son entier, notamment les sculptures dont on peut faire le tour aisément. L’équipe d’architectes a souhaité réinterpréter le White Cube, avec une lumière zénithale. Elle s’ouvre sur un grand espace permettant d’accueillir les visiteurs, avec une table présentant une chronologie générale. Sur la droite, on peut voir les œuvres au-delà de la Méditerranée et sur la gauche, les œuvres européennes et occidentales. Une bonne idée pour faire observer les influences et interactions qu’il y a pu y avoir entre les différentes civilisations ou périodes historiques.

Exemple de panneau introductif pour chaque « séquence » (Antiquité, Moyen-Age) offrant un petit texte introductif traduit ainsi qu’une carte de localisation

Exemple de panneau introductif pour chaque « séquence » (Antiquité, Moyen-Age) offrant un petit texte introductif traduit ainsi qu’une carte de localisation

Buste antique « dont on peut faire le tour » ce qui permet de distinguer son numéro d’inventaire, renforçant encore une fois le thème-clé du musée : la transparence

Buste antique « dont on peut faire le tour » ce qui permet de distinguer son numéro d’inventaire, renforçant encore une fois le thème-clé du musée : la transparence

 Chaque séquence est introduite par une table présentant une carte de localisation et un petit texte d’introduction en français, anglais et néerlandais. Les premières œuvres, se présentant aux visiteurs, sont les plus anciennes et les dernières œuvres sont les plus récentes. Le parcours reste intuitif, le visiteur serpentant de gauche à droite. Tout ceci se veut pédagogique clair et lisible. Personnellement, le parcours justement, ne se fait pas toujours de manière intuitive, car les œuvres étant assez proches les unes des autres, on a parfois l’impression de ne plus savoir où il faut regarder et où aller. De plus,  les tables qui introduisent chaque séquence, et permettent justement d’orienter le visiteur, ne sont pas forcément très visibles au sein de l’exposition alors qu’elles offrent un résumé intéressant. Une frise chronologique est également gravée tout le long de la paroi en aluminium mais reste peu visible. L’idée de présenter un échantillon d’œuvres exemplaires est cependant pertinente, permettant de ne pas « gaver » le visiteur pour qu’il puisse découvrir et apprécier chaque œuvre. Même si cela peut apparaître comme un extraordinaire raccourci de l’histoire de l’art. L’accrochage a un aspect humoristique, une sculpture faisant écho à une autre sculpture ou à une peinture d’une époque différente.

Détail de la chronologie gravée sur la paroi en aluminium faisant écho aux œuvres au fur et à mesure du parcours mais très peu visible

Détail de la chronologie gravée sur la paroi en aluminium faisant écho aux œuvres au fur et à mesure du parcours mais très peu visible

Disposition scénographique avec une pointe d’humour : les « 2 yeux » de cette sculpture (Idole aux yeux[8]) faisant écho à deux autres sculptures

Disposition scénographique avec une pointe d’humour : les « 2 yeux » de cette sculpture (Idole aux yeux[8]) faisant écho à deux autres sculptures

La Liberté guidant le Peuple conclue le cheminement du visiteur

La Liberté guidant le Peuple conclue le cheminement du visiteur

Cette idée de transparence envers le public s’accompagne d’un effort de médiation important, celle-ci se plaçant au cœur du projet scientifique et culturel.  Une équipe de pas moins de 22 médiateurs, au profil très divers (historiens de l’art mais aussi, archéologues, historiens, plasticiens, ethnologues…) a été constituée. Elle est présente en salle et doit susciter le débat. Cette position au sein de l’exposition peut paraître étrange, peut aussi bien gêner le visiteur, qui souhaite poursuivre sa visite sans être dérangé (avoir une personne qui surgit au-dessus de votre épaule, ça peut surprendre !), que faire naître une véritable discussion ; mais ça reste du 50/50, à mon sens. Il y a de quoi rester un peu dubitatif sur la démarche, même si elle part d’une bonne attention. En effet, je n’ai pu constater que deux médiateurs en action (sur 22, ça fait peu !). De plus, on peut regretter qu’ils ne soient pas forcément identifiables, dans le sens où ils se confondent avec les visiteurs, n’incitant pas forcément à engager un échange. Enfin, cette forme de médiation impromptue peut peut-être fonctionner ponctuellement sur quelques mois mais qu’en sera-t-il au bout de quelques années ? Les médiateurs ne sont pas des guides, comme l’a rappelé Juliette Guépratte, dans une position unique de « sachant » transmettant leur savoir de manière verticale, certes, cependant leur rôle, étant réduit à leur présence en salle (les missions d’un médiateur étant beaucoup plus larges), leur confère par défaut un rôle de guide, peut-être pas de manière classique mais un rôle de guide quand même !

De plus, il aurait été intéressant, étant accompagnées par la responsable du service des publics, de pouvoir découvrir les espaces de médiation et d’ateliers pédagogiques, mais manque de temps, à notre grand désarroi !!

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Présence des « médiateurs » au sein de la Galerie du Temps…

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…et de l’exposition temporaire Renaissance

 Afin d’offrir une nouvelle accessibilité, un travail important de ré-interrogation de tous les titres des œuvres, a été réalisé (ex : Le Discophore de Polyclète devient Jeune Athlète au disque dit « Le Discophore »[9]). La médiation prend ainsi différentes formes : elle est à la fois écrite, humaine, ou multimédia. 2000 audio-guides smartphones sont mis à disposition des visiteurs gratuitement. Ils proposent 6 parcours différents adaptés à différents publics proposant une sélection d’œuvres, parmi lesquels, un parcours découverte, un parcours thématique, un parcours pour les scolaires et un parcours en audio-description pour les publics non voyants est en préparation. Le but étant de donner au visiteur un maximum d’autonomie tout en ayant quelques clés de lecture. Ce système semble plutôt bien marcher, ayant croisée beaucoup de visiteurs, s’accompagnant de petits boîtiers blancs. Gratuité aidant aussi, peut-être ?

Femme s’accompagnant d’un audio-guide au cœur de la Galerie du Temps

Femme s’accompagnant d’un audio-guide au cœur de la Galerie du Temps

La galerie d’exposition temporaire propose une exposition sur la Renaissance avec sa pièce maîtresse, la Sainte Anne de Léonard de Vinci. Certes, cette exposition est plus classique dans sa forme, découpée en séquence, (ex : « A la découverte du corps : le macabre »), chaque séquence-espace étant matérialisée par une couleur, mais reste très bien documentée. La politique d’exposition temporaire est divisée en 2 saisons : 1 en hiver (Renaissance du 4 décembre 2012 au 11 mars 2013) et 1 en été, prévue sur Rubens entre mai et septembre 2013.

La Sainte Anne : « Un chef d’œuvre de Léonard de Vinci », introduisant l’exposition

La Sainte Anne : « Un chef d’œuvre de Léonard de Vinci », introduisant l’exposition

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« Galerie de l’évolution », en demi-cercle, présentant des dessins d’écorchés tirés de manuscrits encyclopédiques

« Galerie de l’évolution », en demi-cercle, présentant des dessins d’écorchés tirés de manuscrits encyclopédiques

Enfin, pour conclure ce fil rouge sur le thème de la transparence, un espace a été aménagé pour découvrir les réserves ou coulisses du musée, présentées comme un espace technique et sensible. Une plateforme permet de découvrir l’intérieur des réserves à travers une façade vitrée multimédia, qui permet à la fois de voir l’espace réel et de se renseigner sur le contenu à travers des écrans, à la manière de « Minority Report ». Une vitre ouvre également sur un laboratoire de restauration permettant de voir les professionnels au travail. Ces réserves visibles sont également visitables sur réservation, à raison de 17 personnes par visite. Il est prévu d’en réaliser 2 par jour, selon les possibilités. L’idée est d’aller à la rencontre des professionnels restaurateurs : de voir comment ils travaillent les matières, comment ils gèrent la matérialité des œuvres… Une première visite a été organisée pour les 12 premiers visiteurs à 12H12 (petit clin d’œil en ce 12/12/2012 !). Rien n’est laissé de côté ! Cet espace apparaît comme une petite révolution dans le monde muséal français, même s’il n’est pas le premier[10], permettant au public non spécialiste, de découvrir véritablement, physiquement, les réserves. Le parti-pris multimédia (High-Tech), conçu par une entreprise suisse, est très ludique et fonctionne bien. Cependant, la durée de vie de ce type d’installation peut laisser sceptique, le multimédia évoluant très rapidement, espérons que cet équipement ne devienne pas obsolète au bout de 5-6 ans et résiste aux pannes ! L’argument financier étant aussi à prendre en compte.

Vue d’ensemble de l’espace « coulisses ». A droite, façade vitrée suggérant l’espace des réserves. Au centre, espace multimédia avec des écrans tactiles permettant « d’aller plus loin » dans la découverte des œuvres présentes au Louvre-Lens et qui questionne sur le(s) rôle(s) du musée (film projeté sur le cylindre en verre sur la gauche)

Vue d’ensemble de l’espace « coulisses ». A gauche, façade vitrée suggérant l’espace des réserves. Au centre, espace multimédia avec des écrans tactiles permettant « d’aller plus loin » dans la découverte des œuvres présentes au Louvre-Lens et qui questionne sur le(s) rôle(s) du musée (film projeté sur le cylindre en verre sur la droite)

Façade vitrée, laissant voir les réserves, équipée de quatre écrans tactiles permettant d’explorer les différentes parties des réserves

Façade vitrée, laissant voir les réserves, équipée de quatre écrans tactiles permettant d’explorer les différentes parties des réserves

Contenu de l’espace numérique : ici détail de la restauration avant/après de la Sainte Anne de Léonard de Vinci, œuvre présentée dans l’exposition temporaire

Contenu de l’espace numérique : ici détail de la restauration avant/après de la Sainte Anne de Léonard de Vinci, œuvre présentée dans l’exposition temporaire

Vitre laissant voir une des salles de restauration et permettant de voir les restaurateurs au travail. Une vidéo, projetée à côté, permet de mieux appréhender la discipline

Vitre laissant voir une des salles de restauration et permettant de voir les restaurateurs au travail. Une vidéo, projetée à côté, permet de mieux appréhender la discipline

Ce nouvel espace bénéficiant des collections du Louvre et d’un écrin architectural innovant, laisse cependant davantage de questions en suspens, auxquelles nous n’aurons certainement pas de réponse définitive, qui témoignent surtout de la mutation actuelle des musées en France et plus encore du musée parisien par excellence, au regard des institutions internationales.

Le directeur du Louvre-Lens Xavier Dectot[11] attend 700 000 visiteurs la première année et 500 000 visiteurs les années suivantes. Ses espérances seront sans doute dépassées, le musée ayant déjà accueilli depuis son ouverture aux publics plus de 140 000 visiteurs en moins d’un mois, dont 55 % venant de la région Nord-Pas-de-Calais et 32 % venant des autres régions françaises[12]. Mais le « succès » doit-il se résumer à ces simples chiffres de fréquentation ? Ceux-ci ayant pris une place centrale dans la politique des musées, on peut se demander comment évoluera la programmation culturelle, quelle en sera la qualité? Comme le rappelle Henri Loyrette[13], le Louvre-Lens c’est avant tout le Louvre[14], cependant la réduction actuelle des subventions entrainera une réduction des expositions en 2013. Le musée ne possédant pas de collection propre, que mettra-t-on dans ce musée ? Le Louvre devenant une « marque »[15]– peut être malgré lui ? –  qui s’exporte aussi bien en France qu’à l’étranger, que va-t-il rester des œuvres du Louvre dans les prochaines années ? « Que seront Lens et Abu Dhabi dans cinq et dix ans ? »[16], s’interroge lui-même Henri Loyrette. L’implantation du Louvre à Lens s’apparentera-t-elle à l’exemple d’une décentralisation réussie et d’une démocratisation réelle ou un simple coup de pub du Louvre ? La question de l’utilité même d’une nouvelle institution, payée en grande partie par la région, se pose, au détriment de l’augmentation des budgets pour les autres musées de la région. Ou n’est-il pas, au contraire, une occasion de créer une locomotive et un réseau culturel dynamique fonctionnant en étroite collaboration avec les autres musées de la région Nord-Pas-de-Calais ? Un souhait légitime en ces temps de crise[17]. Mais rien n’est moins sûr. Certes, l’effet de nouveauté va surement remplir les « quotas » mais qu’en sera-t-il dans les années à venir ? D’autant plus, si le but du musée est d’aller à la rencontre de ce que l’on appelle dans le jargon les « non-publics ». Dans ce sens, la politique tarifaire ne va peut-être pas aider. La Galerie du Temps est certes gratuite pendant un an mais il faut tout de même débourser 8-9 euros pour voir seulement l’exposition temporaire.

Cependant, le service des publics travaille dans ce sens. Il a initié une collaboration avec les lieux de spectacles vivants dans la région et souhaite créer l’évènement, en rendant vivant la musique de la Renaissance à travers un bal Renaissance et la musique de Verdi, en février. Un projet de collaboration artistique est prévu avec la chorégraphe contemporaine Robyn Orlin et des classes de collège, basé sur La Liberté Guidant le Peuple. Enfin, en juin, un karaoké fera le lien entre Céline Dion et l’Orfeo de Monteverdi ! Mais là encore les questions persistent : Faut-il sans cesse créer l’évènement avec des grands noms, à l’image du Grand Palais avec Hopper ou du Centre Pompidou avec Dali ? Faut-il nécessairement mélanger les genres pour faire découvrir les œuvres d’art ?  Le public lensois se prêtera-il au jeu sur la longue durée ou le Louvre-Lens n’accueillera t-il qu’un public extérieur (parisien, régional ou étranger) déjà sensibilisé ? C’est le pari le plus important qui attend cette nouvelle institution muséale…

Nos remerciements à l’agence ALEXANDRE MONCLIN  I  CLAUDINE COLIN COMMUNICATION pour son invitation.

Crédits photos : Equipe Culture Extensive. Décembre 2012.


[1] Interview d’Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication, France Inter, mardi 4 décembre 2012 : http://www.franceinter.fr/emission-le-79-le-louvre-lens-avec-aurelie-filippetti

[2] Article « Lens, musée du XXIème siècle », Les Inrockuptibles, n°889 du 10 au 18 décembre 2012.

[3] Loi de décentralisation votée le 27 mai 2003

[4] Une part sacrée certes mais avec un coût conséquent de plus de 150 millions d’euros, dont 59% financé par la région Nord-Pas de Calais. In « Louvre-Lens : un mois déjà et un bon départ », Journal des Arts, 07 Janvier 2013 : http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/108188/louvre-lens–un-mois-deja-et-un-bon-depart.php

[5]Communiqué site Internet du Louvre Lens : http://www.louvrelens.fr/pourquoi-le-louvre-lens

[7] Site du carreau de la fosse n°9 (Théodore Barrois)

[8] Issue de la Culture de Halaf, Syrie et datée approximativement entre 3300 – 3000 avant J.-C : http://www.lavoixdunord.fr/region/louvre-lens-la-liste-des-oeuvres-exposees-dans-la-ia0b0n392519: La Voix du Nord article daté du 17 avril 2012

[9] – D’après Naucydès (né dans le Péloponnèse, Grèce ; actif vers 400-390 avant J.-C.), vers 130-150 après J.-C. – Athlète tenant un disque, copie romaine d’un Discophore en bronze : http://www.lavoixdunord.fr/region/louvre-lens-la-liste-des-oeuvres-exposees-dans-la-ia0b0n392519: La Voix du Nord article daté du 17 avril 2012

[10] En France, exemples du Musée des Arts et Traditions Populaires : mise en place d’une galerie d’études, à travers le concept de « musée-laboratoire », déjà pensé par Georges-Henri Rivière dès les années 1930 et le Musée des Arts et Métiers : rénové dans les années 1990, il bénéficie de réserves visitables situées à Saint-Denis, à l’extérieur du site du Musée. Cependant, dans le cadre de ces deux exemples, les espaces des réserves ne sont pas accessibles au grand public.

[11] Conservateur et historien d’art

[12] Voir article du Journal des Arts « Louvre-Lens : un mois déjà et un bon départ », publié le 7 janvier 2013 : http://www.lejournaldesarts.fr/site/archives/docs_article/108188/louvre-lens–un-mois-deja-et-un-bon-depart.php: l’article précise également qu’il y a 13 % de visiteurs étrangers dont 10 % venant de Belgique.

[13] Président-directeur du Louvre depuis 2001 et dont le mandat s’achèvera en 2013.

[14] « Je précise qu’en ce qui concerne le Louvre-Lens, le visiteur qui se rend à Lens se rend au Louvre ! Nous ne faisons aucune différence entre le Louvre à Paris et le Louvre à Lens », propos de Henri Loyrette In Journal des Arts – L’Oeil, n°652, décembre 2012 : http://www.lejournaldesarts.fr/oeil/archives/docs_article/105630/henri-loyrette—nous-revenons-a-l-idee-d-un-louvre-universel–.php.

[15] Premier partenariat du Louvre avec le High Museum d’Atlanta avec une contrepartie financière pour les restaurations : « Lancé en 2006, cet accord exceptionnel entre les deux musées a été signé pour 3 ans. Le Louvre prête pour chaque exposition entre 50 et 80 œuvres pour une durée de trois à onze mois. Ces dons incluent 5,4 millions d’euros qui sont consacrés à la restauration des galeries d’art décoratif du XVIIIème siècle du Louvre et ont permis de rénover la statue du Tibre qui a fait son premier voyage hors d’Europe».- In : http://www.france-amerique.com/articles/2007/10/10/le-louvre-atlanta-fete-son-deuxieme-anniversaire.html). Projet polémique du Louvre d’Abu Dhabi, lancé en 2007 et qui verra le jour vers 2015-2017 : « Par ailleurs, il ne s’agit pas pour moi, et cela a sans doute été mal compris, de mener une politique « d’enseigne ». Abu Dhabi n’est pas une antenne du Louvre, mais véritablement la gestation d’un musée national qui acquerra progressivement son autonomie. Comme prévu dans l’accord intergouvernemental de 2007, l’ensemble des musées français prêtera 300 œuvres à l’ouverture du Louvre-Abu Dhabi, l’autre moitié étant constituée d’acquisitions émiriennes. […] Plus l’émirat enrichira ses collections moins nous prêterons d’œuvres. ». Propos de Henri Loyrette.- In Journal des Arts – L’Oeil, n°652, décembre 2012 : http://www.lejournaldesarts.fr/oeil/archives/docs_article/105630/henri-loyrette—nous-revenons-a-l-idee-d-un-louvre-universel–.php. Par ailleurs comme le rapporte André Gob, « le volet financier de l’accord porte sur un montant total de plus d’un milliard d’euros dont 400 millions rien que pour la cession du nom Louvre sur 30 ans », p 58 in André GOB, Le musée, une institution dépassée ? Eléments de réponse, Armand Colin, Paris 2010.

[16] In Journal des Arts – L’œil, op.cit.

[17] « Nous profitons de l’ouverture du Louvre-Lens pour attirer l’attention du monde entier sur la richesse muséographique du Nord-Pas-de-Calais. Avec 49 musées labellisés Musée de France et plus de 150 musées thématiques, nous sommes véritablement la «Région des musées», propos de Daniel Percheron, président de la région Nord-Pas-de-Calais, http://www.louvrelens.fr/fr/a-propos-du-louvre-lens

Une réponse à “LOUVRE-LENS : « Projet exemplaire de la démocratisation culturelle[1] » ?

  1. Tu dis que les budgets des autres musées de la région n’ont pas augmenté… Se sont-ils même maintenus?

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