Un temple enfoui dans le sol Maltais

Le site de l’Hypogée, ou Hal Saflieni Hypogeum, est un site unique en son genre, inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO. S’il fallait ne choisir qu’un site à visiter à Malte, ce serait celui-ci et voilà pourquoi…

 Il s’agit d’un temple funéraire souterrain, datant de l’époque néolithique ! Autrement dit, unique en son genre !

Il se compose de chambres funéraires, d’alvéoles, de pièces variées et de passages, creusés et sculptés à même la roche, se diffusant sur une surface souterraine de cinq cent mètres carrés. Malheureusement et pour des raisons de sécurité, les salles du site ne sont pas toutes accessibles. De plus, une partie n’a pas encore été fouillée et attend les générations futures d’archéologues qui seront plus à même de déchiffrer ses mystères…

la pièce principale

Les premières traces d’occupation du site remontent à 4000 ans avant Jésus Christ.

Le niveau supérieur du complexe souterrain fut creusé à même la roche entre 3600 et 3000 avant Jésus Christ, tandis que les niveaux intermédiaires et inférieurs furent sculptés entre 3000 et 2500 avant Jésus Christ. Le réseau souterrain façonné à l’aide d’outils en silex ou en obsidienne, comporte des salles plus ou moins récentes au sein d’un même niveau et ayant donc reçu des traitements variés. Certaines salles comme la salle dite « de l’oracle » et le « hall décoré » sont tapissées de peintures rupestres réalisées à l’ocre rouge, formant des spirales et des motifs d’inspiration végétale (qu’on dit typiques des pratiques chamaniques de la préhistoire…).

Le « Saint des Saints »

La pièce principale ainsi que la salle communément appelée « le Saint des Saints » également creusées à même la roche imitent l’apparence de l’architecture des temples mégalithiques de Malte (comme le temple de Tarxien ou de Mnajdra, de par la forme des portes et les toitures à encorbellement qui couvraient ces temples avant de s’effondrer et de les laisser à ciel ouvert).

Temples de Tarxien

L’Hypogée est, entre autres, un lieu d’inhumation, dans lequel les archéologues ont retrouvé les restes de quelque sept mille défunts. Elle semble avoir également servi de lieu de culte ou de sanctuaire.

Plusieurs artéfacts ont été exhumés par les archéologues, mais les fouilles étant été réalisées au début du 20ème siècle, on a malheureusement peu de précision et les interprétations sont périlleuses. Les fouilles ont toutefois révélé de nombreux vestiges : de la céramique néolithique, quelques perles, des pendentifs en forme de haches polies, quelques statuettes anthropomorphes et figurines représentant divers animaux… Ces artefacts retrouvés dans les différentes sales de l’hypogée ont pu être utilisés soit en tant qu’objets votifs ou avoir accompagné certains des défunts dans la tombe, la question reste ouverte. C’est dans l’une des pièces de l’Hypogée qu’a été retrouvée la fameuse Vénus endormie, dont subsiste une copie sur le site, l’original étant exposé au Musée d’Archéologie à La Valette.

La « Vénus endormie »

Plusieurs éléments comme la présence d’objets en obsidienne et l’usage de l’ocre rouge, n’existant pas dans l’archipel maltais, indiquent qu’un commerce maritime avec l’actuelle Sicile et l’Italie ou encore Lipiari avait déjà été mis en place. D’ailleurs certains archéologues ont émis l’hypothèse que l’Hypogée aurait été bâtie par une colonie venant de ces régions…

Abandonné à la fin du Néolithique, le site aurait manifestement été réinvesti par une nouvelle peuplade à l’Age du Bronze. Il est probable qu’à cette époque les occupants aient procédé à des aménagements, puis le site fut laissé à l’abandon à nouveau, recouvert et oublié jusqu’à sa redécouverte en 1902, lors du creusement d’une citerne dans le sous sol d’une maison. La toponymie du site toutefois, « Tal-Għerien », signifiant « les grottes » en maltais, laisse penser qu’il n’avait pas totalement été oublié.

Le visiteur est accueilli dans ce haut lieu du patrimoine maltais par une exposition sommaire, présentant le site et ses trouvailles, ensuite il assiste à la projection d’un court métrage expliquant les fouilles archéologiques et les différentes interprétations fournies au cour de l’histoire (de la possibilité que ces bâtiments aient été édifiés par une race ancienne de géants à la possibilité qu’ils soient des vestiges phéniciens…), et pour finir les visiteurs descendent dans la structure souterraine à proprement parler, accompagnés d’un audioguide aux explications parfois folkloriques et disponible en plusieurs langues.

Pour des raisons de conservation et de fragilité des peintures rupestres, le site n’est accessible que par 10 personnes par heure, de 9h à 16h, et les tickets doivent être réservés à l’avance sur le site internet de Heritage Malta.

salle dite « de l’oracle »

Les + : une expérience unique de même que le site lui-même. Malgré la rapidité de la dégradation des peintures murales, la plupart des éléments d’origine sont encore visibles, mais plus pour longtemps ! Il n’y a pour l’instant pas d’accès pour les personnes à mobilité réduite, toutefois un projet de modélisation 3D est en cours, qui leur permettrait de vivre cette expérience virtuellement.

Les – : un billet d’entrée à 20 euros pour le plein tarif et 15 euros pour le tarif réduit, plus cher que l’entrée du Louvre, semble légèrement exubérant, étant donné que la visite ne dure qu’une heure. Il est toutefois justifié par le coût d’entretien du site. La médiation parfois quelque peu en retard sur son temps a tendance à faire sourire, à prendre au second degré !

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