Death, a self portrait

Aborder le thème de la mort n’est pas une tâche aisée. Dans une société comme la notre, stigmatisée par la guerre, les maladies, ou de trop fréquents accidents du quotidien, il est délicat de le traiter sans heurter la sensibilité. Paradoxalement l’idée de la mort a toujours fasciné, et l’attitude de l’homme face à elle semble hésiter entre attirance et répulsion, particulièrement dans le domaine des arts. Il semble toutefois que l’on aie suffisamment dédramatisé la chose pour oser la regarder en face, et lui consacrer une exposition exclusive à la Wellcome Gallery à Londres…

Marcos Raya, Sans titre, (2005)

 

Cette exposition a été faite d’après la collection de Richard Harris, un ancien antiquaire originaire de Chicago, spécialisé dans les différents types de reprographies, et observe notre destin commun sous cinq angles :

  • la contemplation de la mort (avec une série de memento mori, de vanités, et des œuvres question notre rapport à la mortalité)
  • la danse de la mort (qui se penche sur son aspect inévitable, de même qu’imprévisible et impartial)
  • la mort violente (qui fait un inventaire exhaustif des dommages de guerre à différentes époques)
  • Eros et Thanatos (explore l’oscillation de l’esprit humain entre la pulsion de vie et la pulsion de mort)
  • la commémoration (qui s’attache aux différents moyens que l’on a de se rappeler et d’honorer ses morts)

Mors ultima linea rerum (Mort, la dernière barrière des chsoes), artiste inconnu, (vers 1570)

Tabulae sceleti et musculorum corporis humani (Tables d’anatomie), Bernard Siegfried Albinus (1747)

Okimono, Japon, (vers 1880)

Ces cinq thèmes approchent notre relation à la mort à travers les cultures du monde entier (Japon ancien, Tibet, Mexique…), et les sociétés d’hier comme d’aujourd’hui.

On trouvera au détour de ces cinq espaces, des représentations humoristiques de la grande faucheuse et autres caricatures côtoyant sans gène des gravures de Rembrandt, Dürer, Goya, des œuvres d’Odilon Redon, d’Otto Dix ou encore un lustre réalisé à l’aide de 3000 ossements humains en plâtre par l’artiste britannique Jodie Carey.

Richard Harris devant le lustre réalisé par Jodie Carey

Etrangement cette exposition axée sur un thème relativement cru et funeste, semble susciter moins de haut-le-cœur que l’exposition « Cheveux chéris » du Musée du Quai Branly, ou tu du moins, aucun visiteur n’a rendu son déjeuner sur les escaliers en sortant… Faut-il en conclure que notre société est suffisamment mature pour parler de mort sans complexes ? Ou bien que ses représentations nous aident à nous en distancer, l’enfermant dans des œuvres d’art pour lui enlever son implacable réalité ? Ou peut être fallait-il mettre à l’œuvre l’ouverture d’esprit secondée par le très typique flegme anglais pour s’attaquer avec succès à une tâche aussi délicate …?

Calavera, Collectif Mondongo (2011)

La Wellcome Gallery réalise des expositions et événements culturels sur les liens entre la médecine, la vie et l’art, dans le passé, le présent et l’avenir. Forte d’une orientation scientifique appuyée, elle produit des expositions de qualité sous la direction de la Wellcome Trust, une fondation anglaise vouée l’amélioration de la santé humaine et animale.

Donc si vous avez prévu de passer faire un tour chez nos cousins les Roast Beefs, sachez qu’ils font aussi de belles choses, et celle-ci est un « Must See » !

Tout es vanité, Charles Allan Gilbert (1892)

Les + : l’entrée est gratuite et est accompagnée d’un livret explicatif illustré

Les – : l’exposition n’est que temporaire et se termine le 24 février 2013

Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de la Wellcome Collection

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s