Panier culturel.

Depuis un certain temps maintenant beaucoup de personnes ont pris l’habitude d’acheter leurs légumes, ou autres produits par le biais d’une AMAP (association pour le maintien d’une agriculture paysanne). Aujourd’hui une nouvelle initiative est lancée à Nantes afin de proposer des paniers d ‘un genre nouveau. Vous n’y trouverez pas un seul légume vert jaune ou orange, mais des CD, des places de spectacles, des bandes dessinées.

Cette AMAP culturelle, plutôt définie comme AP3C (association de préfiguration d’un circuit court de la culture) tente de nouer une relation particulière entre des « consommateurs » et des producteurs de produits culturels. Grâce à une contribution de 60 euros par trimestre, chaque adhérent recevra un panier. Celui-ci sera composé de manière participative entre les membres fondateurs de l’association et des contributeurs qui sélectionneront, selon un cahier des charges, les artistes pouvant figurer dans ces paniers. Ce circuit court permet d’éviter à la fois des circuits de distributions souvent dévoreur de marges financières, et offre une nouvelle vitrine à des artistes locaux.

Aujourd’hui même si le cap des 50 contributeurs, seuil nécessaire pour rentabiliser les paniers , n’est pas atteint, les premiers paniers sont composés et distribués aux premiers adhérents. Ils comprennent un CD deux places de concerts, une BD et la participation à une performance créative.

Tout comme l’on doit s’attendre en tant que consommateur à des découvertes de légumes inattendus dans les AMAP, l’idée de découvrir des artistes et des productions nouvelles et locales est plutôt séduisante. Mais ce mode de fonctionnement peut également freiner les ardeurs des adeptes de la culture locale et indépendante. En effet ce principe de panier sous entend que les adhérents se laissent imposer une forme de culture. Or si l’on ne veut pas se contenter du panier de l’association il faut prévoir un budget annexe pour d’autre produits culturels. Le coût élevé de l’engagement peut vite devenir un handicap, d’où les difficultés pour le moment à atteindre les 50 contributeurs. L’autre difficulté à surmonter réside dans le fait que, contrairement aux produits de l’agriculture, les produits culturels restent un extra pour la majeure partie d’entre nous.

Saluons cependant cette belle initiative qui tente de proposer un nouveau mode de « consommation culturelle » pour les adhérents et un nouveau mode de distribution pour les artistes. Espérons que cette idée puisse faire naître d’autres projets de la sorte et pourquoi pas à terme créer des échanges de paniers entre AP3C du sud de la France, de Bretagne ou d’ailleurs… Donnons-nous également le luxe d’espérer que cette belle aventure engendre une prise de conscience chez les professionnels de la bibliothéconomie et les usagers des médiathèques. Ainsi comme l’on peut trouver le coup de cœur du bibliothécaire, les lecteurs attendraient impatiemment les nouveautés du panier.

C’est bien là toute la force du projet de pouvoir ouvrir de nouvelles possibilités pour des formes de production indépendantes à la recherche d’un nouveau souffle.

Pour plus d’informations :

http://www.nantes-actu.info/tags/amap-culturelle

et le site d’un des fondateurs de l’AP3C

http://videcocagne.fr/ap3c

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4 réponses à “Panier culturel.

  1. Effectivement, à 240 euros l’année, c’est un gros investissement dans la culture, cet abonnement au « panier culturel »… Il va sûrement falloir attendre quelques temps pour que le bouche à oreilles fonctionne et que le projet prenne toute sa dimension. Est-ce que tu connais le contenu du premier panier, ou est-ce que le nom des artistes reste top secret?

    • Presque 4 mois après je ne sais pas si ce message sera lu mais bon…
      C’est en tant que contributeur mais aussi membre du groupe « distribution » (qui compose les paniers) que je te réponds.
      Dans le 1er panier il y avait :
      – Un CD d’un chanteur nantais, momo, investi depuis longtemps dans la démarche puisqu’il en est un membre fondateur. http://www.momofaitdeschansons.fr/
      – Une BD d’Half Bob, édité par Vide Cocagne, maison d’édition Nantaise, eux aussi fondateur du projet. http://videcocagne.fr/boutique/hors-collection/40-just-gimme-indie-rock.html
      – Une pièce de théâtre en appartement (permettant au contributeur de venir accompagné) :
      http://k-monologueclownesque.blogspot.fr/
      – Un atelier de « création collectif partagé » encadré par un musicien, trois plasticienne et une chorégraphe.

      Précisons qu’à un moment où un autre les contributeurs ont la possibilité d’échanger avec les artistes présent dans le panier, la proximité et accessibilité étant une des fondations de l’AP3C.

      Concernant le tarif de 240€, il est évident que cela représente une somme (quoique cela fait 20€ par mois…) mais il ne s’agit pas de faire de la culture au rabais. Chaque prestation est payé à sa juste valeur.

  2. D’ailleurs j’ai le souvenir que les paniers de légumes sont à terme pas très rentables par rapport au fait d’aller soi-même faire les marchés. Est-ce également le cas pour cette offre-ci ?

  3. Le premier panier est bien composé. Il a été distribué le week end dernier aux premiers adhérents. Personnellement je ne connais pas tous les artistes mais cela n’est pas un secret. je pense que sur le site de l’association cela est disponible.
    Pour la rentabilité, il faut bien comprendre que la démarche, comme celle des AMAP, est conçue pour aider les producteurs à travers un circuit court. Les personnes s’engageant dans ces formes de distributions ne s’engagent effectivement pas pour une question de rentabilité, mais bien pour soutenir un système économique différent. Quel est l’intérêt d’aller dans une association de producteurs si ce n’est pour une découverte des produits et le respect du producteur. Ce qui en terme de moyen ne laisse effectivement pas beaucoup de place au plus faible financièrement.
    Suite à cette article, des personnes m’ont demandé s’il n’était pas envisageable par exemple de penser un prix du panier en fonction des revenus. Pour moi une telle réflexion illustre bien la réussite de la démarche dans le sens où elle amène a se poser des questions sur nos moyens de consommations. (culturels ici) Reste à inventer les réponses.

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