Néon. Who’s afraid of red, yellow and blue?

La Maison rouge à Paris présente jusqu’au 23 septembre 2012, la première grande exposition internationale consacrée au néon dans l’art des années 1940 à nos jours intitulée Néon. Who’s afraid of red, yellow and blue?

David Rosenberg, commissaire de l’exposition a cherché à faire le point sur ce qui a été fait et sur quoi les artistes contemporains s’ouvrent aujourd’hui. Loin l’idée alors d’enterrer ce médium et son exploration artistique !

Son passé trivial qui inspire inlassablement les artistes est mis en exergue dès les premiers instants de la visite. Un point historique s’impose… Nous devons l’invention des lampes néon au physicien Georges Claude en 1912. Dès lors, les néons sous la forme d’enseignes envahissent les rues de Paris et donnent aux villes françaises un tout autre visage. Cette mode se propage dans les grandes villes américaines dans les années 1920 pour finir par convertir les paysages urbains du monde entier. Avec le néon, l’enseigne appelle à être vu autant qu’à être lu. Sa luminosité provient du gaz éponyme enfermé dans un tube en verre et soumis à une décharge électrique qui libère un halo rougeoyant. D’autres gaz permettent l’obtention de différentes couleurs (jaune pour l’hélium, violet pour l’argon, bleu pour l’argon mélangé à des vapeurs de mercure,…)

C’est dans les années 1960, à rebours du progrès scientifique que l‘usage du néon se développe dans le champ de l’art, en particulier dans l’art conceptuel et minimal américains, dans l’arte povera en Italie, et en France avec des artistes comme François Morellet, Martial Maysse ou Piotr Kowalski. Malgré tout l’intérêt que les plasticiens lui portent son utilisation décline pour finalement ressurgir et inonder les lieux et écoles d’arts de nos jours.

Concentrée sur un médium l‘exposition associe nécessairement des œuvres aux propos très divers. Pourtant, les huit séquences du parcours proposé lient de manière tout à fait pertinente en enrichissante les différentes installations entre-elles.

La lumière parle. Du fait de sa technique même, le néon est un art du trait (le tube), qui se plie particulièrement bien à la graphie manuscrite ou typographique.

 Jean-Michel Alberola, Rien, 2011

Jean Michel Alberola, Rien, 2011

Miri Ségal, Sous les pavés, la plage, 2011

Le slogan de mai 1968 cité par l’artiste ne se laisse à voir que sous forme de reflet pour signifier le doute de sa réalité ce qui revient à poser la question des acquis de ce mouvement révolutionnaire.


Crisis. Le rouge couleur originelle du néon est aussi la couleur qui signale le danger, la menace.

Cercles et carrés. Clin d’œil à la revue des années 1930 qui rassemblait les artistes de tendance « constructiviste », cette section regroupe de œuvres en néon dont les formes simples (cercles, carrés, lignes) ne renvoient à rien qui leur soit extérieur. Les caractéristiques techniques du néon autorisent des tracés nets et incisifs, et se prêtent particulièrement bien au propos de l’abstraction géométrique et à ses développements.

Éblouissement. Lorsqu’elle est portée à un point d’intensité et de luminosité extrêmes, la lumière blanche aveugle le regard et rend invisible ce qu’elle est censée révéler.

Les pionniers. Dans les années 1960, l’utilisation du néon dans l’art se développe simultanément des deux côtés de l’Atlantique. Cette salle rassemble ces artistes pionniers et permet de mettre en relation leurs approches diverses.

Trajectoires. Les mots si présents dans l’exposition ont ici disparu. Il ne reste que des trajectoires, tantôt anguleuses dans la lignée de l’abstraction géométrique, tantôt organiques et aléatoires.

Songe, éclipse, extinction. Les artistes rassemblés dans cette salle tentent avec leurs œuvres en néon de restituer, paradoxalement, un phénomène de disparition de la lumière, d’extinction progressive ou impromptue, réelle ou symbolique.

 Laurent Pernot, Captivité, 2008

Laurent Pernot, Captivité, 2008

 

La lumière brisée. Après tant d’œuvres lumineuses, l’envie était grande d’éteindre la lumière. L’exposition se clôt sur des œuvres ayant le néon et son extinction comme sujet.

Le travail habile d’expographie permet une grande interactivité entre les œuvres sélectionnées et le visiteur. Le regard du visiteur relève, avec un grand intérêt, les défis que lui lancent les œuvres successives : jeux d’optique, superpositions, figures de style.

 Maurizio Nannucci, Art, 1994

Maurizio Nannucci, Art, 1994

Ces effets visuels sont relevés par l’imbrication si particulière des salles d’expositions de la Maison Rouge. L’atmosphère qui se dégage de ce travail d’exposition rend très justement compte du côté magique et sensuel du néon.

La curiosité voir l’engouement du visiteur est maintenue jusqu’à la fin avec la présentation de la dernière œuvre : Averse de Delphine Reist. Une vidéo nous donne à voir les tubes fluorescents d’un espace indéfini qui tombent et se brisent au sol, les uns après les autres, jusqu’à ce que la pièce soit plongée dans l’obscurité. Cette œuvre nous confronte à une désagrégation montrée en accéléré, mais qui est finalement «  le destin programmé de toute chose et en particulier des néons, matériaux que l’obsolescence technique voue à la disparition ».

Cette exposition thématique très intéressante nous pousse donc à la réflexion aussi bien qu’à la rêverie.

Pour en savoir plus : http://www.lamaisonrouge.org/

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