La Princesse Jaune

 La musique à Rennes occupe une place importante ; qu’elle passe par des formes classiques, traditionnelles ou plus actuelles, tous les genres y sont représentés. Le mois dernier, l’Opéra de Rennes proposait une pièce bien particulière. Du 10 au 14 mars 2012, on pouvait assister à La Princesse Jaune, de Camille Saint-Saëns. Œuvre courte, 45 minutes, et dont la méconnaissance générale n’a d’égale que sa réussite. Les notes chantantes de l’introduction transportèrent immédiatement les spectateurs dans un monde imaginaire aux consonances asiatiques, légères et fleuries. Le livret est simple : Cornelis, un jeune scientifique est tombé amoureux d’une gravure d’une femme en kimono, une « princesse jaune » et vit cette passion comme dans un songe. Epié par sa cousine Léna, amoureuse du jeune homme, il se drogue afin de donner vie à son rêve. Léna, naïve, prend alors ses mots d’amour pour elle et lui révèle le sien en retour. Au réveil de Cornelis, elle comprend que ses paroles étaient destinées à une autre et se vexe. Le jeune homme réalise alors que c’était l’image de sa cousine qu’il imaginait dans sa passion, vêtue en geisha, il lui promet finalement amour et fidélité. Saint-Saëns enrobe cette histoire d’un Japon rêvé, d’une musique elle aussi rêveuse, délicate, que les gammes et les sonorités extrême-orientales parent d’imperceptibles nuances chromatiques.

Le Japon était furieusement à la mode en cette fin du XIXème siècle. Pourtant, Camille Saint-Saëns et son librettiste ont su éviter un pittoresque de mauvais aloi. Il est moins question ici de l’Extrême-Orient que de la passion qu’il inspire.

La mise en scène de Vincent Tavernier a su suggérer avec poésie l’imaginaire de Cornelis, peuplé de créatures vaporeuses et de livres, sur un fond de Japon ancestrale.

Le décor en avant-scène de piles bringuebalantes d’ouvrages ouvrait le regard sur un orchestre solide et magistral, installé lui, exceptionnellement sur scène à la place des chanteurs. Un moment de grâce : l’apparition d’un kimono et de lanternes chinoises rouges au dessus des musiciens, les emportant avec les spectateurs dans un autre monde.

 

Reprenant des thèmes chers au public du XIXème : l’Orientalisme, l’amour triomphant et des airs très mélodieux, il eut été facile de bloquer sur les clichés de l’époque (amour entre cousins avec une grande différence d’âge, paroles simplistes et peu crédibles). Pour autant, la beauté de la musique et l’implication des chanteurs ont permis l’illusion de l’amour et une plongée au cœur de la poésie.

Avec sa Princesse Jaune, l’Opéra a réussi le pari de proposer une œuvre peu connue, simple-  presque naïve- au thème déjà vu et d’en faire une petite merveille.

 Pour voir des extraits du spectacle :

http://www.francetv.fr/culturebox/une-pepite-a-lopera-de-rennes-avec-la-princesse-jaune-de-camille-saint-saens-85725

 Cette proposition a été réalisée dans le cadre du programme Bretagne-Japon ; une série d’expositions et de concerts sont proposés dans toute la région sur ce thème en 2012.

http://www.bretagne-japon2012.fr/

A venir prochainement à l’Opéra :

Mr de Pourceaugnac, de Molière et Lully, du 30 mars au 1er avril

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Une réponse à “La Princesse Jaune

  1. Dans le cadre de Bretagne-Japon et de la programmation Révisez vos classiques, l’Opéra de Rennes se déplace également au Port-musée de Douarnenez.
    Madame Butterfly de Puccini sera présentée dans la grande salle des gréements ce vendredi 23 mars à 20h30.
    Une rencontre étonnante…

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